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SHLAAAAG TV, le il y a 9 années et 5 mois.
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30 novembre 2016 à 11h12 #115869
SHLAAAAG TV
MembreAVARICE ET PANZANI
Lors de l’article précédent, je vous parlais de la « Génèse du Démon », de la naissance de ce feu qui m’a fait allé au cazing tous les soirs… Forcément il y eu les répercutions.
La première est que mon contrat en Angleterre se terminait, je me retrouve à rentrer en France. Sarko, fraîchement élu promouvait le travailler plus pour gagner plus, et je le suivait à 100%, mon but bosser dans le poker pour plumer plus de pigeons et me faire la blinde de tune sur leurs dos, le tout non imposable, What else?
Du coup je pose mes valises chez un ami qui me propose le logement, on se retrouve à 5 dans un appart de 60m² au grand max. Lyon n’est pas la capitale du jeu, ni cercle, ni casino qui ne tiennent vraiment la route pour ce que j’avais à investir, certes il y a bien le Lyon vert, mais les cash game y sont trops chers et je n’a ni permis ni voiture, donc on laisse tomber cette option. Je décide donc de me ruer sur le plus accessible, le moins cher, et là ou la rentabilité semble accessible à tout le monde, le nouvel El Dorado : INTERNET!
Direction Pokerstars, tout le monde ne parle que de ce site, du coup pourquoi pas? A ce moment, je venais de rentré et devais du coup trouver du boulot de toute urgence, peu de fric dans les poches, et pas d’appart’, il fallait se bouger le cul. Sauf que comme vous l’avez compris je n’étais pas spécialement un foudre de guerre. L’époque est belle, 1 cv = 1 taff, ce qui biensur ne m’incitait pas à rester dans une boite bien longtemps, et dès qu’un truc me gonflait, c’était un abandon de poste.
Le lien avec Pokerstars? j’y arrive… Je viens de signer un énième contrat et vient tout juste de récuperer ma carte bleu française. Je l’active, et crédite 10€. Je décide de jouer le mec sérieux et d’investir les micros limite en CG. Me voici sur les tables de NL2 je monotable en me disant « tranquille j’ai 5BI ». Mes potes sont là, à côté à boire des canons, en me posant des question sur le jeu. Moi, je m’extasiais sur chaque pot joué 10cts ou 1€, je vibrais pour la gagne. Après une heure j’ai monté 20€ avec une seule cave (x10 quand on vous parle du niveau pré 2009). Je me dis que ce jeu est vraiment trop easy, alors pourquoi devrais-je perdre mon temps à grinder à ce niveau alors que les High Stakes n’attendent que moi. Et me voici le même soir à passer en NL 20 (c’est pas encore les liasses de 1000 boules mais bon…), je suis chaud, je les attends les mecs! Mes potes quant à eux attendent les bières que je leurs promets de leur payer avec les gains.
1h puis 2 passent, je monte tranquillement j’enchaîne les clopes et les bières, pendant que le copains partent se coucher les uns après les autres. L’euphorie atteint son paroxysme quand je dépasse les 120€. Il faut bien se dire qu’à ce moment là pour nous que François Hollande considérerait comme des « Sans dents », cette somme était déjà un accomplissement, la conversion en paquets de pâtes donne le vertige. A NOUS LA FORTUNE, LES BIERES ET LES PUTES.

(Il en faut peu pour faire rêver un grinder sans le sou!)
Il est 6h du matin quand le premier coloc se réveille pour aller au taf, « t’es encore sur le poker » « ouai putin j’ai monté plus de 100 balles » « Arrête toi là, mec! ». Un sage conseil que j’aurais dû écouter, au lieu de ça… Non je voulais continuer de grind. Et puis au final on se croit fort, et rien ne peut nous résister. Ca c’est la définition du rush. Sauf que quand il s’arrête, ça peut être brutal. Pour moi c’était précisément à 11h du matin après 15h de jeu, quand l’intégralité des 150€ partent sur un pot… Je suis vidé, à ce moment là aucune émotion, rien le néant, je ne comprends pas. Je viens de jouer tout ce temps là pour rien, j’ai honte, mais je le raconte quand même au coloc’ qui se foutent de ma gueulle « Tu vois » « Je te l’avais dis de te retirer » « Pourquoi t’as fait tapis » « D’ailleurs, Tu bosses pas aujourd’hui?? » Putin, si, évidemment que je bossais à 12h!!! Je fais une sieste réparatrice de 10 minutes qui me scie encore plus les jambes. Au boulot, je suis un zombie, je dors debout, au bout du rouleau, bref je n’en pouvais plus. Je me jurais de ne plus faire le con comme ça. PUTIN 100€ 2 semaines de bouffe pour les colocs qui m’hébergeaient gracieusement, et à la place, mes couilles… Mais je vais me refaire et leur prouverait qu’on peut faire de la tune avec le jeu.
Cette formidable résolution allait m’amener à squatter le canap’ de mes potes pendant six mois, le plus souvent les yeux rivés sur l’écran, à ne plus me balader qu’en boxer, et à rêver de paquets de pâtes.
30 novembre 2016 à 12h47 #115883Pe4nuts
Participant[quote quote=220282]Je fais une sieste réparatrice de 10 minutes qui me scie encore plus les jambes[/quote]
J’ai adoré! :0086:
Franchement ton blog est super bien écrit, j’adore le style, keep going!!
3 décembre 2016 à 12h02 #116146SHLAAAAG TV
MembreMerci hombre! 🙂
6 décembre 2016 à 15h52 #116378SHLAAAAG TV
MembreGRANDEUR ET DECADANCE
« Ok ma chérie, t’as raison sors avec tes copines »… Bon moi en revanche, qu’est ce que je vais faire? il pleut, il fait noir, il fait froid : ok je reste chez moi… comme dans « qui veux gagner des millions » quatre choix s’offrent à moi :
a : me masturber
b : bouquiner mon courrier international
c : mater des vidéos et autres conneries en scrollant sur le net
d : jouer au pokerBon vu, qu’on est ni sur un blog classé x (quoique vu mon pseudo), ou dans un sujet traitant des répercussions internationales de l’élection de Donald Trump, vous vous doutez bien que j’ai opté pour la réponse « LA REPONSE D ».
Bon par contre on reste fidèle au plan, pas d’investissement venant de mon compte courant. Du coup bon je me lance sur le freeroll de 20h30 sur Winamax. Alors oui, je sais, dans mon premier poste je vous disais que n’étais pas prêt à rejouer mini roll et freeroll. Mais là je suis chaud, j’ai envie de jouer et rien à branler de la tune. Jouer pour le jeu, pour m’éclater sans pression, mais sans faire pour autant n’importe quoi. Et après tout, ça reste un challenge vu la facilité à spew ce qui est gratos.
Je me lance dedans et m’éclate, la structure rapide me force à ne pas patienter une demie heure sans jouer de main. Je monte des jetons, touche des flops et pars à tapis en étant dans les 3/4 du temps dans des situations de 70/30. Bref le jeu se passe bien, c’est le kiff! Il est en moi présent après des mois à l’avoir chercher. Rapidement les joueurs chutent rattrapés par la structure. J’arrive en TF sur mon premier shot depuis bien 6 ans. Ce ne sera pas la victoire mais une valeureuse quatrième place. Je ressens alors un sentiment de satisfaction et de devoir accompli. Comme à mes débuts les gains et leurs montant ne m’importe peu : mais 4/8277 joueurs, ça reste très correct.
J’engrange 9,60 pour cette perf, ce qui en soit n’est rien, mais qui :
1 – M’évitera une sortie musicale dans les journées froides lyonnaise
2 – Me permettra de jouer tranquille
3 – L’ARGENT EST SANS IMPORTANCE, SEUL LE KIFF EST IMPORTANTA ce moment là je suis tellement content que je ne suis même pas pris par cette crise compulsive qui m’aurait donné envie de rejouer directement après.
Le lendemain, content de mon compte je décide d’ouvrir le soft : je lancerai 3 satellites simultanés. « Attention mon colon, c’est pas bon pour le kiff, mais super bon pour une éventuelle rechute ce style de gestion. » Et malheureusement, ça ne loupe pas… Je bullerai 2 des trois sats et il me reste 6€. La frustration d’avoir sauté sans avoir fait ITM me fait ouvrir 6 tables expresso à 1€, je remonte à 8, rejoue, retombe à 5 et remonte à 26€ en chattant notamment un jackpot à 20€. Je ferme le soft : « Vas y calme toi là, t’es pas là pour monter une roll, t’es la pour kiffé? OOOOO tu m’entends??? C’est ta putin de conscience qui te parle!! ». Je parcours l’actualité winamax sur leur site et tombe sur un article sur Flo Decamps. Et là, comme M, le Maudit je me retrouve à avoir une envie irrépressible, incontrôlable, inexplicable de réouvrir le soft. Ma conscience n’est plus là. Je clique sur « se connecter », je sais pertinemment que ce que je fais n’est pas bien pour moi, mais je n’arrive pas à lutter : « Authentification », « Récupération des données », « Sychronisation »… Mon esprit me rattrape, et je ferme le soft avant de faire de la merde… la dépendance, le manque, la compulsion, tout ce qu’il y a de plus noir dans la relation que j’ai avec ce jeu que j’aime, s’est exprimé en l’espace de 20secondes.
Je décide de lâcher l’affaire et de faire autre chose et je ne jouerai pas jusqu’au dimanche suivant. La session dominicale fut fatale à ma roll, mais joué de manière moins compulsive avec plus de fun, encore une fois après tout l’essentiel est de s’éclaté tout en jouant sérieusement, ce que j’ai fait sur cette session!
Ca fait maintenant trois semaines que j’ai commencé ce challenge, et le match contre ce démon au doux nom d' »Addiction » semble encore bien long!
6 décembre 2016 à 17h53 #116391Pe4nuts
ParticipantTu décris super bien le phénomène de compulsion… Ce que tu décris avec ta conscience c’est assez proche de ce qu’on appelle en méditation la « présence / vigilance ». C’est cette compétence qui te permet de prendre du recul sur tes émotions et tes comportements inconscients. Et petit à petit, au lieu d’être dirigé par ces émotions et comportements compulsifs, tu arrives à être dirigé par tes valeurs profondes et du coup à agir de façon plus adéquate avec toi-même!
En tout cas franchement beau blog bien original, j’espère que tu vas continuer à progresser dans ce sens! 🙂
7 décembre 2016 à 12h21 #116456SHLAAAAG TV
MembreCool, merci pour cette explication! Dis donc la méditation ça à vraiment l’aire important dans ta conception du poker. J’ai lu de nombreux articles sur le sujet mais j’avoue avoir du mal à m’y mettre. Pourrais tu me donner un ordre d’idée du volume d’heure de pratique par semaine? histoire que j’évalue le chemin vers la sagesse 🙂
7 décembre 2016 à 16h40 #116474karotman
MembreGG Pour ce blog c’st super intéressant.
Je pense que nous avons tous à des degrés différents ressenti des sentiments proche du tiens.
C’est intéressant et alarmant de lire quelqu’un qui a identifier et creuser le problème.
Merci.
Je n’en suis pas du tout au même niveau et j’ai l’avantage que le poker n’impact ni mon budget, ni mon temps étant étudiant j’en ai beaucoup).
Bonne chance pour tes objectifs. Je pense que rationaliser le phénomène est le meilleur moyen de trouver une gestion adéquate. Continu comme ça.
21 décembre 2016 à 11h45 #117468SHLAAAAG TV
MembreSLIP TIGHT
Dans l’article Avarice et Panzani, je terminais sur un cliff hanger de ouf malade : « Cette formidable résolution allait m’amener à squatter le canap’ de mes potes pendant six mois, le plus souvent les yeux rivés sur l’écran, à ne plus me balader qu’en boxer, et à rêver de paquets de pâtes. » En effet, ça y est, je m’étais lancé… j’allais être joueur de poker professionnel!
Alors ne riez pas tout de suite, attendez de lire la suite. Je me lance avec une bankroll qui représente tout ce que j’ai sur mon compte soit : mon dernier salaire (800€: hooooo on va pas faire les 35h en plus). Je grind les tables de pokerstars, 4,80$ 180 joueurs max, full ring en monotable. Du coup pour moi le challenge était de m’adapter au online. En effet 2 mois de parties quotidiennes en Casino m’avait adapter à un style de jeu, surtout que je jouait exclusivement en cash game. Je me lance dans cette aventure avec la parfaite hygiène de vie d’un mec dans la vingtaine un peu pommé :
Réveil callé sur 12h-13h: un café, une clope, et hop on grind (à ce moment là de la journée je n’ai pas encore passé de pantalon)
13h30 : je roule un joint
14h25 : je bust – j’ouvre une nouvelle table
14h30 : le stresse généré par le premier bust me donne envie de rouler un joint
17h : je saute à la bulle – j’ouvre une nouvelle table – je n’ai toujours pas enfilé de pantalon
17h00min30sec : Je roule un joint parceque je suis bien véner d’avoir buller
17h30 : Alimenté par mon précédent joint je tilt en repensant à la bulle. et bust – j’ouvre une nouvelle table
18h : Le premier coloc rentre – ouverture d’une bière
18h15 : je m’aperçoit que je suis sit-out depuis 2 niveau de blind
19h : Le deuxième coloc rentre – ouverture d’une bière – je roule un joint
20h30 : On est toujours in dans le tournoi – les copains passent prendre l’apéro – les copains roulent un joint – ouverture d’une bière
21h : ITM, 18 joueurs left (18ème -> 9ème = 9,50$)
21h20 : Je bust, les copains qui prennent l’apéro et qui sont intrigués par la partie, me demande que je leurs explique le jeu – j’ouvre une nouvelle table – ouverture de la bouteille de vodka – je roule un joint – les copains roulent des joints – je n’ai toujours enfilé de pantalon.
21h30 : Un groupe de copine arrive
21h30min32 seconde : « Ben qu’est-ce tu fous toi, t’es en boxer? » – J’enfile un pantalon
22h30 : Début d’un jeu à boire
23h : Bust du tournoi – Break poker – on roule un joint – ouverture d’une Deuxième bouteille de vodka.
2h30 : Fin de soirée – les gens rentrent – ouverture d’une table
3h : Bust – on va se coucher complètement déchiré sur le canapé en matant du Kaamelott.Bref… pas sur que ce soit l’hygiène top top pour perfer! Les journées se succèdent ainsi, conservant du lien sociale à travers des soirées quotidienne à l’apart au prix de ma bankroll qui fond à petit feu. Je rencontre même une petite meuf, très cool, très stylée, elle me plait bien. Je sors avec elle quelque temps, mais soyons franc l’image d’un joueur de poker, qui attend 21h30 avant de commencer à s’habiller, qui préfère rester devant son écran plutôt que d’aller s’encanailler avec elle chez elle, et qui en plus squatt un canap’ : ça n’est effectivement pas super glam… Du coup bien évidemment elle m’a quitté comme une merde… ne m’incitant pas plus à remettre mon pantalon pour aller chercher du taff.
Les maigres perfs que je fais ne font que ralentir la chute de ma roll. Suis-je broke ou pas? A ce moment là je ne sais pas, je ne regarde plus mon compte en banque. Je tiens ce rythme depuis 5 mois, l’argent je ne le mets même plus dans les courses pour la coloc, je vie à leurs crochet comme un putin de parasite. Je commence alors à me mésestimer, tant dans le jeu que dans la vie « Mais putin, je suis tous les conseils, je passe mon temps à regarder des vidéos de poker, à essayer d’apprendre, c’est forcément la variance qui me fait déjouer« . J’étais dans le dénie total que je n’étais pas au niveau, et que je n’avais même pas la base pour le devenir : avec une gestion de bankroll sérieuse, et une hygiène de vie au moins standard. Résultat … j’étais broke, pire… à découvert! Aucun approvisionnement sur le compte, je ne peux plus retirer d’argent, mais en revanche je peux quand même payer sur internet, et par conséquent recharger mon compte poker : « Je vais me refaire! »
J’investissait en étant dans le rouge, et réussit à ship enfin ce premier tournois et prend 300$ : Ce soir là fut une tuerie : fin d’année d’étude de mon coloc architecte, et toute sa promo est là pour fêter ca. Cette fois j’ai quand même mis un jean. Tout le monde est là à regarder l’énergumène qui joue sur son écran. Quand cette putin de paire de 99 a battu le 77 adverse, ce fut l’explosion dans l’appartement. Avec l’argent j’ai remboursé mon découvert et pu acheter à manger pour la coloc (enfin).
Du coup ça m’a redonné confiance pour repartir. Mais un mois plus tard alors que je recommençais à m’enfoncer dans les abysses financières, j’ai rencontré la mère d’un des colocs qui m’a dit : « Bon écoute Arthur, on t’aime bien, t’es un gentil garçon mais là nous on paye l’appartement pour notre fils pas pour toi, on t’a hébergé pendant un petit moment mais là ça suffit« … C’est ce qu’on appelle dans le jargon se prendre un coup de pied au cul… Je me retrouve dans la situation où il faut que je rentre chez mes parents, à qui il va falloir que j’explique que j’ai plus une tune… bref le comble de la loose. Je suis down, dépressif, putin mais merrrrrrrrrrde!!
« De toute façon qu’est-ce que je fous en France, il faut que je reparte en Angleterre pour retrouver la dynamique : bouge toi le cul ou crève!! » Et me revoici parti pour London, l’une des villes les plus cher au monde avec 400€ prêté par ma mère après m’avoir à raison sermonné, et un découvert de plus de 800€ sur mon compte français.
Reculer pour mieux sauter
21 décembre 2016 à 14h12 #117490Loth_Broke
MembreSalut colo !
Deja, sper blog ! :merciasiat:
Perso je te conseille de grinder la nL2 pour te payer tes tournois au lieu de jouer de la musique pour ca.
Psychologiquement, ca devrait t’aider a controler cet aspect « se payer les Buy-Ins ».
Tu joues tous les soirs tes 2-3h la semaine 1 et tu te payes tes tournois de la semaine 2 avec.
GL en tout cas pour ton aventure, on est avec toi !
69 la trik !
5 janvier 2017 à 12h29 #118485SHLAAAAG TV
MembreL’heure du Bilan : 1 mois
Un mois après le début du challenge, il est temps de faire un état des lieux. Ma consommation étant arrivé à un point de compulsion assez avancé et mon addiction de plus en présente, je m’étais lancé comme challenge de financé le poker par une autre passion : Le saxo. En jouant dans la rue ou en faisant des concerts j’avais prévu d’investir 100% de cette argent dans le poker de manière à :
– Me souvenir que j’ai galéré pour avoir cet argent
– Réduire ma fréquence de jeu
– Favoriser ma sociablité (facteur de lutte contre l’addiction)
– Retrouvé le plaisir
– Ne plus taper dans mes deniers pour financer le jeuAprès un mois où en sommes-nous ?

Finances :
J’ai mis mon système en place très rapidement, je suis sorti 5 fois avec le saxo. J’ai extrait de ces sorties 70€. J’ai opté pour une approche de kiff et non pas de BRM, pourquoi ? Tout simplement parceque dans mon esprit au moment où j’ai commencé ce challenge, je n’ai pas pour ambition de monter de l’argent, mon principale objectif est de m’amuser, et il s’avère que les tournois sur lesquels je m’éclate sont les deepstacks 5€ et 10€ (cocktail, fièvre). Du coup je fais un bon nombre de tournoi sans ITM et voit 70€ partir dans les méandres d’un prize pool dont je ne verrai pas la couleur.
Contrairement à ce que j’avais évoqué dans mon premier blog, je suis également revenu au freeroll, j’en ai joué 4 pour 3 ITM 4ème-11ème-13ème sur des fields massifs, faisant rentrer quelques euro ou centimes qui permirent de subsister dans une période à laquelle jouer dans la rue est un risque de gel de doigts et donc d’amputation.
Par contre autant être franc je me suis laissé un « plaisir » dans mon budget compte courant. Je me suis autorisé un dépôt minimum : 15€ pour un mois pas plus. Je vous vois venir : «MAIS NON MEC ! T’ASSURES PAS TU VAS REPLONGER » Je considère cette marge de plaisir comme une récompense pour l’effort que je fais de changer ma consommation de poker. Je ne suis pas un grand dépensier en terme général et 15€ c’est le prix que je mettrais dans une soirée lambda, alors l’avoir comme un substitut je trouve ça correct.
D’autres part sur la fin du challenge, j’ai décidé de ne jouer que des satellite à 1€ pour grind des tickets à 5€ pour jouer le cocktail ou d’autres deep à 5€, ce qui m’a permis comme les freerolls, de travailler ma patience, mes range de push et mes timing de push. Je me force à jouer qu’en monotable pour avoir un maximum de concentration et du coup un maximum de plaisir.
RESULTAT : 90 jeux en 30 jours et d’après sharkscope une perte de 85€ oubliant une perf’ à 100€ grindée sur le digestif. Bref toujours est-il que les pertes des mois derniers sont véritablement atténuées. Puisqu’avec cette perf je serai même en positif de 15€. Et mon compte en banque n’a pas été impacté.
Bref sur ce point le challenge est EV+ pour ma vie et pour mon jeu.
Compulsion :
Si vous avez suivi ce blog alors vous avez lu dans l’article GRANDEUR ET DECADANCE comment la compulsion se symbolise chez moi : Je fais une perf et hop je respew tout dans les 24h. La raison ? La boulimie du jeu, l’envie de voir des cartes et de cliquer sur des boutons… En un mot : LA MERDE !!! C’est surement le facteur qui m’a mis le plus à l’épreuve dans ce challenge. Et je vais vous avouer une chose, sur ce mois de Novembre, la compulsion a gagné. Elle s’est présentée plusieurs fois à moi et elle a gagné une majorité de fois. Sur la courbe on peut la voir se manifester le 11 Novembre avec pas moins de 18 jeux (un peu beaucoup pour quelqu’un qui veut mettre le hola !). Le pire quand tu luttes, c’est le craquage : il entraîne une mauvaise estime de soi qui te fait sentir mal et coupable sur une action dont tu es le seul responsable.
L’avantage c’est que je commence à percevoir des tells de faiblesse chez elle, et j’arrive de plus en plus à lui résister et j’espère vous dire le mois prochain, que je l’aurai vécu. Très sincèrement je pense que ce sera plus long, mais je suis prêt !
Addiction :
Pour cette partie, il faut bien le dire, je vous dois beaucoup à vous lecteurs, qui suivez ce blog, qui m’encouragez, qui me donnez des conseils pour éviter la rechute. Et c’est ces conseils, donnés par les uns et les autres qui ont permis à l’addiction de reculer ce mois-ci. En effet, j’ai pris du temps pour mon couple et pour moi, j’ai passé beaucoup plus de temps avec ma chérie, beaucoup plus de sorties (ciné, jamm session, théâtre) et organisé mes temps morts de manières plus sociables (coup de fil à des vieilles connaissances pas eu depuis quatre ans, boire des coups chez les potes).
Il est vrai que j’ai eu des crises de manque, mais moindre que celles que je pouvais avoir auparavant. Comment se manifestent-elles ? C’est simple, je suis chez des potes, on bavarde, on boit des canons, je jette un œil à l’horloge « 18h30 » puis « mmmm, le cocktail commence à 19h45, j’ai donc 1h15 » alors que je n’avais pas du tout prévu de le jouer en sortant. Puis ensuite « Si je décolle à 19h25, ça me permettra de profiter encore de mes potes et de ne pas arriver trop tard dans le tournoi pendant les inscriptions tardives ». VOILA CE QUE C’EST UNE CRISE DE MANQUE : c’est organiser son planing en fonctions du poker, et regarder la pendule toutes les 5 minutes pour savoir si on va craquer ou non et si c’est raisonnable.
Je devais appeler un addictologue, je l’ai fait. Ai-je pris un rendez-vous ? Toujours pas ! La raison : renouvellement de carte vitale, et peu de secrétariat décrochent. La vérité, c’est que tout ça, ce sont des excuses, je suis vraiment motivé et je vais le faire avant le nouvel an (les paroles volent, les écrits restent). Mais de manière générale l’addiction a fortement reculé en tout cas pour ce mois-ci et encore une fois je vous remercie pour le soutient.
Fun et gaming :
Question « bonheur de jeu » c’est top, je me retrouve à apprécier chaque situation, que je sois dans ou hors d’un coup, je retrouve l’envie de bien faire, et je sens cette hargne de prendre la bonne décision, de mesurer mes sizing, de comprendre les dynamiques. L’impact sur mon jeu est funky, car j’ai resserré énormément mes range d’open. Après tout l’une des premières phrases que j’ai entendu au poker c’est « On a une personnalité qui s’adapte à un style de jeu ». En effet un mec serré comme une jeune fille de 13 ans, aura du mal à devenir aussi large que le trou de balle d’Hillary Clinton après l’élection de D.Trump. Moi j’ai essayé pendant des années de devenir Davidi Kitai ou Ludovic Lacay, mais force est de constater que je n’ai pas cette personnalité de jeu (sans même parler du talent bien entendu). J’accepte d’être serré et visiblement ça me va bien puisque depuis mes résultats repartent à la hausse.
Conclusion :
Un mois chargé en émotion, ce ne fut pas tous les jours facile mais quoiqu’il arrive ce mois ci fut fortement positif. Lutter contre mes démons et en tirer du bénéfice, est un challenge entraînant. Mon rythme de vie s’améliore et ma consommation poker devient plus saine. Le saxo dans la rue m’amène à de nombreuses rencontres et à sortir de mon confort.
Rendez vous le mois prochain pour le prochain bilan, mais d’ici là vous aurez de nombreux postes avec le récit de mon Odyssée pokerrienne touchant tantôt les abysses de la dépression, jusqu’aux vacances no stress payées par les cartes, en passant par un EPT Barcelone… Bref y a de la matière !
5 janvier 2017 à 15h55 #118503Gibolin2000
MembreGG pour ton blog et courage, tu as fais le plus dur avec la prise de conscience, 50 % mini du taf est fait.
En ce moment tu agis, consolide toutes les étapes pour maximiser tes chances de réussite.
J’ai vaincu un :0037: so far, bientôt 4 ans: plus d’alcool depuis le 23/01/13 (wouhou) , je pense que le cheminement prise de conscience, actes et adaptation/abstinence (selon l’addiction …) reste le même et est plus ou moins long selon les gens et la nature de cette addiction.
J’attends la suite avec impatience.
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